Habillement : hausse des prix en vue
85 % des Français se déclarent d’ores et déjà prêts à acheter des vêtements pendant les soldes d’hiver, afin de trouver les meilleurs prix… Cette recherche des tarifs les plus bas n’est certainement pas terminé. Plus encore lorsque les prévisionnistes s’accordent à dire que les prix de l’habillement s’apprêtent à connaître une hausse continue et régulière les prochaines saisons. Pourquoi ce phénomène va t’il se produire ? Plusieurs raisons expliquent la flambée des prix dans l’industrie textile. D’abord, le coût des matières premières, à commencer par le coton. Son prix d’achat a été multiplié par deux en un an ! Or, le coton entre pour 40 % environ dans la fabrication des vêtements. Pour s’en sortir et réaliser des bénéfices, les industriels n’ont d’autre choix que d’augmenter leurs tarifs.
Par ailleurs, la plupart des industries textiles sont aujourd’hui situées dans les pays à bas coûts de production. Il faut acheminer tous les produits vers les zones d’importation… Or les tarifs des transports sont également orientés à la hausse, du fait notamment ininterrompue de l’augmentation des tarifs du pétrole. Tout cela se répercute là encore sur les prix de vente des produits finis.Et ces hausses ne sont pas terminées. Les prix des produits textiles avaient réussi à rester relativement stables ces dernières années, du fait des délocalisations des productions pour des pays à faibles coûts salariaux. Mais les ouvriers qui reçoivent des salaires très bas en Chine, en Inde, en Turquie, etc., ne vont pas se complaire dans cette situation très longtemps. Déjà des mouvements de contestation se font jour ici et là. Ce n’est qu’un commencement et ce vent de protestation risque de s’amplifier, mondialisation oblige.
Visiblement le phénomène d’augmentation des tarifs ne va pas se faire sentir en boutique avant le printemps. Mais le phénomène sera progressif et les enseignes de prêt-à-porter risquent de connaître des jours difficiles. D’autant que si les prix de vente augmentent, les salaires eux restent stables et le porte monnaie de la ménagère n’est pas extensible. Les enseignes de prêt-à-porter indépendantes, déjà de plus en plus rares dans les villes et centre-commerciaux seront les premières touchées.
Ce phénomène risque en revanche de faire les belles heures des solderies ou encore des ventes privées sur Internet, sur des sites dédiés où les prix sont cassés. Le secteur de l’occasion, qui a le vent en poupe, devrait aussi pouvoir aussi voir sa côte de popularité remonter. Dans les centre-villes de nouvelles boutiques vendant des vêtements d’occasion, indépendantes ou franchisées, voient le jour. Par ailleurs, les consommateurs risquent de retarder leurs achats pour atteindre les périodes de soldes, pendant lesquels ils seront assurés d’acheter leur vêtements aux meilleurs prix.
En ce qui concerne les gammes de vêtements de Marque, le luxe devrait tirer son épingle du jeu, car la demande reste forte, mais plus pour les accessoires que les vêtements. En effet, les grands acteurs du luxe féminin notamment, les grands couturiers, ont de plus en plus de difficulté à réaliser des bénéfices et le gros de leur chiffre d’affaires est dû principalement aux bonnes ventes des parfums, des articles de maroquinerie, lunettes de soleil, etc. Les enseignes à bas prix qui continueront à proposer des offres ultra attractives continueront également à attirer les client. En revanche le moyen-de-gamme va terriblement pâtir de cette situation et sera touché au premier chef.
Rien de bien brillant pour le secteur du prêt-à-porter dans les années à venir. Les enseignes vont devoir rivaliser d’originalité et faire preuve d’innovation pour attirer les clients, qui risquent d’être particulièrement frileux car l’habillement n’est pas un secteur de dépense prioritaire. Loin devant il y a le logement, les transports, les nouvelles technologies, l’éducation des enfants, l’alimentation, etc.